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Les produits dérivés sur les marchés boursiers

Posté le 30 janvier 2014 par Joël | 4 Commentaires

Le monde des marchés financiers est rempli de surprises. Je parle bien des marchés financiers au sens large, regroupant tout ce qui peut se négocier: gré à gré, produits un organisme de régulation, produits émis par une société,… Et dans cette jungle, acheter des actions en bourse ne représente qu’une minuscule partie de ce qu’il est possible de faire. Les produits dérivés, bien plus nombreux, sont tous les produits qui fluctuent en fonction de l’évolution d’un produit appelé « sous-jacent ». Le sous-jacent peut être une action, le taux d’intérêt d’un pays, un métal précieux, une devise, une matière première,… Ces produits sont, au départ, conçus afin de permettre au détenteur de titres, de matières premières,… de se prémunir contre un éventuel mouvement de prix qui lui serait défavorable ou, simplement, de fixer le prix de son produit dès la commande par un client.

Bon, ça se complique!

Petit retour en arrière. Imaginons que vous soyez agriculteur. Nous sommes en juin et vous pensez que, sauf grande catastrophe naturelle, vous estimez pouvoir produire 1000 tonnes de céréales. Une entreprise agroalimentaire vous propose d’acheter votre stock, mais ne pourra vous payer qu’en novembre au prix à ce moment-là. En effet, votre acheteur pense que la récolte sera très bonne et que les prix seront plus intéressants lorsque tous les agriculteurs voudront écouler leur stock. Le cours actuel est de 175€/tonne (maïs), ce qui nous fait un total de 175000€. Une chute de 1 % vous ferait perdre 1750€. Comme votre acheteur, vous pensez que les cours risquent de chuter. Vous pouvez alors acheter une option à la vente maintenant, ayant le mois de novembre comme échéance.

Cette assurance à un coût, ce qui est normal puisque l’émetteur de cette option prend le risque de devoir vous acheter le maïs plus cher que ce qu’il ne vaudra réellement. Si vous prenez des options à la vente dont le prix d’exercice est de 175€ (le cours actuel), votre option ne sera donc pas disponible à 0€ mais plutôt 5€ (par exemple).

Arrive le mois de novembre.

Le cas le plus simple: si la tonne de maïs est à 175€, l’option ne vaudra plus rien du tout. C’est donc comme si vous aviez vendu votre maïs à 170€ (175€/tonne, moins 5€/tonne pour l’option)

Si le maïs vaut moins que 175€, par exemple, 174€. Là aussi, c’est comme si vous aviez vendu votre maïs à 170€ car l’option vaudra alors 1€. (175€ -5€ +1€).

Si le maïs vaut 170€, l’option vaudra alors 5€, vous aurez simplement perdu 5€ par rapport au prix du mois de juin, mais vous n’aurez rien perdu avec les options.

Si le maïs vaut 150€, l’option vaudra alors 25€. Nous avons donc un gain de 20€ sur l’option et une perte de 25€ sur chaque tonne vendue. Nous arrivons encore à 170€/tonne.

Vous l’aurez compris, dès le moment où le prix final est inférieur au prix d’exercice de l’option, vous n’aurez perdu, au final, que le prix de l’option.

Et si le cours monte?

Là, c’est parfait pour vous, car quelque soit le cours du maïs, dès que sa valeur est supérieur au prix d’exercice (175€) l’option tombe à zéro. Vous gagnerez donc plus d’argent. Vous gagnerez en fait plus d’argent que prévu s les cours atteignent 180€ à l’échéance.

Vous aurez aussi compris que l’option n’aura servi à rien pour tous les cours au-dessus de 170€, puisque, par exemple, à 172€, vous auriez moins perdu d’argent sans prendre d’option

Si une option a un coût, c’est essentiellement parce qu’elle a une échéance. D’ailleurs, cela se traduit par le fait que plus l’option arrive près de son échéance, plus la prime est faible, donc plus le prix de l’option s’approche de sa valeur intrinsèque. La valeur intrinsèque d’une option se calcule simplement par la différence entre le prix d’exercice et le prix du sous-jacent. Si le sous-jacent vaut 175€, la valeur intrinsèque d’une option de vente (ou même d’achat) au prix d’exercice de 175€, vaudra 0. Par contre, si le sous jacent vaut 170€, la valeur intrinsèque d’une option de vente vaudra 5€, et celle de l’option d’achat vaudra -5€.

Je referme la parenthèse. Il existe aussi des produits, proposés par toute une liste de brokers, appelés futures et CFD,… L’avantage de ces produits est que même s’ils ont une échéance, la prime est minimale. Dans le cas d’une option, tant qu’elle n’a pas été exercée, vous n’avez pas réellement gagné ou perdu de l’argent. Tout peut arriver jusqu’à l’échéance. Par contre, pour un future ou un CFD, les comptes sont faits chaque jour. La perte et le gain sont bien réels et votre compte fluctue chaque jour.

Ces produits permettent donc de fixer le prix de vos marchandises à une valeur exacte très proche du cours actuel. Vous devez simplement être sûr que votre compte soit alimenté suffisamment afin de permettre le paiement les jours où les cours vont contre vos positions.

Mais moi, je ne suis pas agriculteur

Tous ces produits sont devenus très vite populaires pour tous les traders en herbe. Avec des moyens considérables, vous pourriez vous faire une liste d’actions à acheter pour 2014 et les payer directement. Vous ne récupérez l’argent que lorsque vous clôturez vos positions.

Les brokers CFD demandent seulement que vous laissiez entre 5% et 20% du montant investi sur votre compte (selon la volatilité de l’action sous-jacente).

Pour les options, c’est aussi très simple. Une option (à l’achat) qui vaut 5€ pour un sous-jacent à 175€ vous offre un effet de levier extraordinaire. Si les cours augmentent de 20% (210€), votre option vaudra 35€ (plus la prime), ce qui représente un effet de levier de 35 (pour 20% de hausse, votre option a été multipliée par 7). Ce qui vous permet:

- soit de profiter d’un gain de 35€ pour chaque hausse de 1€

- soit d’investir 35 fois moins d’argent et placer le reste sur un produit moins volatil.

A vous de créer vos propres règles. N’oubliez pas, cependant, que les options peuvent tomber à 0 et que vos CFD et contrats futures peuvent être vendus (à perte) si votre compte n’est pas assez bien fourni. Soyez intelligent, attentif et assurez-vous d’avoir bien compris le fonctionnement des produits dans lesquels vous désirez placer votre argent.

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Commentaires

4 réponses to “Les produits dérivés sur les marchés boursiers”

  1. Stéphane le Bricolo
    mars 4th, 2014 @ 7 h 00 min

    Bonjour,

    Je tiens tout simplement à vous remercier pour votre site qui regorge des informations claires et pertinentes ainsi que des réponses variées à toutes nos questions sur le marché boursier.

    [Reply]

  2. karen
    octobre 14th, 2014 @ 11 h 41 min

    Bonjour,
    Je n’ai pas énormément de mal à comprendre ce concept, car mon père a été agriculteur. En effet, il y a toujours des risques à prendre dans ce domaine.

    [Reply]

  3. Léo
    mars 18th, 2015 @ 14 h 56 min

    Merci pour cet article, très instructif.

    [Reply]

  4. Jerome
    avril 30th, 2015 @ 10 h 12 min

    Coucou
    Je ne m’y connais pas vraiment en finance, mais merci d’avoir partagé ces informations. Ce fut très instructif.
    À bientôt

    [Reply]

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